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Tokyo · Kanto

Tokyo

Une capitale immense, bruyante, parfois épuisante, mais où derrière les néons et les grandes avenues se cachent des centaines de petits mondes à découvrir.

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Tokyo — Une capitale immense, bruyante, parfois épuisante, mais où derrière les néons et les grandes avenues se cachent des centaines de petits mondes à découvrir.

Tokyo est probablement la ville dont je pourrais parler le plus longtemps.

Je l'ai découverte en 2016, lors de mon tout premier voyage au Japon, et le coup de cœur a été immédiat. Ce qui est assez paradoxal : je n'aime pas particulièrement les grandes villes, encore moins la foule, et sur le papier, Tokyo avait donc tout pour me déplaire.

Pourtant, je m'y suis tout de suite sentie bien.

Dix ans et cinq voyages plus tard, cette sensation n'a pas vraiment changé. J'ai simplement appris à connaître la ville autrement.

Lors de mon premier séjour, le Japon était déjà touristique, évidemment, mais rien de comparable avec aujourd'hui. J'avais le sentiment qu'il était beaucoup plus difficile de se débrouiller en anglais, les voyageurs étrangers étaient moins présents et certaines situations donnaient parfois lieu à quelques moments de solitude assez mémorables.

Aujourd'hui, Tokyo s'est énormément adaptée au tourisme international. Voyager dans la capitale est devenu beaucoup plus simple.

Est-ce que je regrette parfois le Tokyo de mon premier voyage ? Un peu, forcément.

Mais malgré les changements, je retrouve toujours quelque chose lorsque j'y retourne. Et surtout cette impression étrange qu'il me reste encore énormément à découvrir.

Tokyo, l'immense

Il faut quelques jours pour commencer à comprendre l'échelle de Tokyo.

Et encore.

La métropole compte aujourd'hui environ 14,3 millions d'habitants, dont près de 10 millions dans les 23 arrondissements qui constituent le cœur de la capitale. À l'échelle du Grand Tokyo, on parle de plusieurs dizaines de millions de personnes.

Sur le papier, les chiffres donnent presque le vertige.

Sur place, étrangement, beaucoup moins.

Évidemment, il y a Shibuya à l'heure de pointe, les quais bondés de Shinjuku ou certaines rues d'Harajuku le week-end. Mais Tokyo n'est pas cette foule permanente que l'on peut imaginer avant d'y aller.

La ville est tellement vaste qu'elle se fragmente en une multitude de quartiers, et chacun semble fonctionner comme une petite ville à part entière.

C'est probablement ce qui me plaît autant ici.

Tokyo Tower prise depuis Azabudai Hills
La Tokyo Tower prise depuis Azabudai Hills

Les quartiers incontournables sont incontournables pour une raison

J'entends régulièrement dire qu'il faudrait éviter les quartiers les plus connus de Tokyo parce qu'ils seraient trop touristiques ou « surcotés ».

Je ne suis absolument pas d'accord.

Oui, Shibuya est bondé. Oui, tout le monde photographie son célèbre carrefour. Et oui, il existe des dizaines de quartiers plus confidentiels.

Mais traverser Shibuya Crossing au milieu de centaines de personnes reste une expérience à vivre au moins une fois.

Même chose pour Shinjuku, et ses écrans géants, Kabukicho et ses ruelles minuscules ; Akihabara et son univers entièrement consacré aux jeux vidéo, mangas et anime ; Harajuku et Omotesando, Ikebukuro, Ginza ou encore Asakusa, dominé par le temple Senso-ji et sa grande porte Kaminarimon. Ces quartiers font partie des visages les plus emblématiques de Tokyo.

Je trouve dommage de vouloir absolument les éviter sous prétexte de chercher un Japon plus « authentique ».

Ils sont Tokyo eux aussi.

Il suffit simplement de ne pas s'arrêter là.

Écran géant avec chat à Shinjuku
Shinjuku

Derrière les néons, un autre Tokyo

Ce que j'aime le plus dans la capitale se trouve souvent quelques stations plus loin.

Il suffit parfois de sortir du métro dans un quartier résidentiel pour changer complètement d'ambiance. Les immeubles rapetissent, les rues deviennent silencieuses, les vélos s'accumulent devant les maisons et les konbini laissent progressivement place aux petits commerces de quartier.

Et soudain, on oublie presque que plusieurs millions de personnes vivent autour de nous.

C'est dans ce Tokyo-là que j'aime particulièrement me perdre.

Un Tokyo fait de petites maisons, de sanctuaires cachés entre deux immeubles, de shotengai où les habitants viennent faire leurs courses, de minuscules restaurants comptant six places et de ruelles dans lesquelles il n'y a, objectivement, absolument rien à « visiter ».

Et pourtant, ce sont souvent celles dont je garde le meilleur souvenir.

Vue sur Tokyo depuis le Metropolitan Government Building
Vue sur Tokyo depuis le Metropolitan Government Building

Une ville reconstruite encore et encore

Cette opposition entre quartiers ultramodernes et petits morceaux du passé s'explique aussi par l'histoire de Tokyo.

Avant de devenir Tokyo, la ville s'appelait Edo. Elle prit son nom actuel en 1868, lorsque l'empereur s'y installa au début de l'ère Meiji.

Une grande partie de la ville que l'on découvre aujourd'hui est cependant beaucoup plus récente.

Tokyo fut dévastée par le grand séisme du Kanto de 1923, puis de nouveau massivement détruite lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. En 1945, une grande partie de la capitale était en ruines.

Elle s'est reconstruite.

Puis transformée.

Puis reconstruite encore.

C'est aussi ce qui rend particulièrement intéressants les quartiers qui ont conservé quelque chose du vieux Tokyo.

À Yanaka, par exemple, les petites rues, les maisons anciennes et l'ambiance de shitamachi donnent un aperçu d'un visage de la capitale devenu beaucoup plus rare. Le quartier fait partie de ceux qui ont relativement échappé aux destructions causées par les guerres et les catastrophes du XXe siècle.

Omoide Yokocho à Shinjuku
Omoide Yokocho - Shinjuku

Mes quartiers préférés de Tokyo

Au fil de mes voyages, j'ai évidemment fini par avoir des petites habitudes.

  • Il y a Kichijoji, probablement l'un des quartiers où je pourrais le plus facilement m'imaginer vivre, avec ses galeries marchandes, le parc Inokashira et le musée Ghibli de Mitaka à quelques minutes de marche.
  • Shimokitazawa, pour ses dizaines de friperies, ses cafés et son atmosphère un peu bohème.
  • Nakano, que j'aime particulièrement pour son univers geek et son célèbre Broadway.
  • Jinbocho, et ses librairies qui semblent ne jamais finir.
  • Koenji, pour son côté rétro, ses boutiques vintage et sa scène musicale.
  • Shibamata, pour son atmosphère beaucoup plus traditionnelle.
  • Yanaka, évidemment.
  • Et puis Yurakucho, où l'on peut manger dans de petits izakayas installés sous les voies ferrées, avec les trains qui passent littéralement au-dessus de nos têtes.

Ce ne sont pas forcément les endroits que je recommanderais à quelqu'un qui ne dispose que de deux jours à Tokyo.

Mais si vous avez du temps, alors oui.

Allez-y.

Car c'est précisément en mélangeant ces quartiers aux grands classiques que Tokyo devient réellement intéressante.

Shinjuku Gyoen avec des cerisiers en fleurs
Shinjuku Gyoen pendant la saison des sakura

Une ville qu'il faut prendre le temps de connaître

Je crois que l'une des erreurs les plus faciles à faire à Tokyo est de vouloir en voir trop.

Shibuya le matin, Harajuku à midi, Shinjuku dans l'après-midi, Asakusa le soir…

Techniquement, c'est possible.

Mais quel dommage.

Tokyo est une ville où j'aime marcher sans avoir systématiquement une destination précise. Sortir une station plus tôt. Entrer dans une rue parce qu'elle semble jolie. Monter au troisième étage d'un immeuble parce qu'une enseigne intrigue. S'arrêter dans un café simplement parce qu'il n'y a personne.

Évidemment, cela demande du temps.

Lors d'un premier voyage, il y aura forcément les incontournables à découvrir. Mais si vous revenez au Japon une deuxième, une troisième ou une cinquième fois, alors Tokyo peut devenir complètement différente.

Parce qu'il n'existe pas vraiment un Tokyo.

Il y en a des centaines.

Le Tokyo des salarymen de Shinbashi n'est pas celui des adolescents d'Harajuku. Celui des petites rues de Yanaka n'a quasiment rien à voir avec Ginza. Quelques stations séparent parfois deux quartiers qui semblent appartenir à des villes différentes.

Et c'est probablement pour cela que, dix ans après mon premier voyage, je n'ai toujours pas l'impression d'en avoir fait le tour.

Tokyo Skytree
Tokyo Skytree

Tokyo comme point de départ

Et puis Tokyo possède un autre énorme avantage : il est très facile d'en sortir.

Cela peut sembler étrange de terminer un article consacré à la capitale en conseillant de la quitter, mais certaines de mes plus belles découvertes se trouvent justement à quelques heures de train.

Kamakura, Enoshima, Kawagoe, Nikko, le mont Takao, la région des cinq lacs autour du mont Fuji… les possibilités d'excursions à la journée sont nombreuses.

Et avec le Shinkansen, le reste du Japon n'est jamais vraiment très loin.

Le Japon ne se résume évidemment pas à Tokyo.

Mais Tokyo, à elle seule, concentre déjà une quantité assez folle de visages.

C'est une ville que l'on peut visiter en quelques jours et avoir l'impression de l'avoir déjà vue.

Ou dans laquelle on peut revenir encore et encore, prendre une ligne de train différente, descendre à une station inconnue et réaliser qu'en réalité…

on ne la connaît toujours pas vraiment.

C'est ce Tokyo-là que j'aime.

Tokyo sur la carte

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