Mont Takao
À moins d’une heure de Shinjuku, le Mont Takao permet de quitter les immeubles et les néons de Tokyo pour retrouver, le temps d’une journée, sentiers en forêt, temples et vues sur les montagnes. Avec, si la météo est clémente, le Mont Fuji qui se dessine au loin.
On a beau aimer Tokyo et tout ce qu’elle a à offrir, il arrive un moment où l’on ressent l’envie de respirer l'air de la montagne.
Enfin… c’est peut-être aussi parce que j’ai grandi entourée de montagnes.
Toujours est-il qu’après plusieurs journées à marcher dans les rues de Tokyo, prendre un train et se retrouver moins d’une heure plus tard au pied d’une montagne fait beaucoup de bien.
Et pour cela, le Mont Takao est probablement l’une des escapades les plus faciles depuis la capitale.
Situé à l’ouest de Tokyo, du côté de Hachioji, il culmine à seulement 599 mètres. Ce n’est donc pas exactement une ascension alpine, mais c’est largement suffisant pour prendre un peu de hauteur et changer complètement d’ambiance. Depuis Shinjuku, environ 50 à 55 minutes de train suffisent pour rejoindre Takaosanguchi, au pied de la montagne.
Et visiblement, nous sommes loin d’être les seuls à apprécier cette petite parenthèse.
Une montagne pour tout le monde
Ce qui m’a frappée au Mont Takao, c’est la diversité des personnes que l’on croise sur le chemin.
Des randonneurs équipés.
Des familles avec de jeunes enfants.
Des personnes âgées.
Et même des chiens confortablement installés dans leur poussette. Oui, au Japon, c’est beaucoup moins inhabituel qu’on pourrait le croire !
Le Mont Takao est particulièrement accessible parce qu’il existe plusieurs façons de rejoindre le sommet et plusieurs sentiers de difficulté différente. Certains sont de véritables chemins de randonnée en forêt, tandis que le sentier n°1, le plus emprunté, est aménagé et en grande partie pavé.
Si vous choisissez l’itinéraire classique et utilisez le télésiège ou le funiculaire pour la première partie, elle reste effectivement très accessible.
Mais il est également possible de monter entièrement à pied et d’emprunter des sentiers plus naturels comme le n°6 ou celui d’Inariyama. Le Mont Takao peut donc être une simple balade en montagne… ou une randonnée un peu plus sportive selon le parcours choisi.

À pied, en télésiège ou en funiculaire ?
Dès le pied de la montagne, un premier choix s’impose.
Les plus courageux peuvent évidemment commencer l’ascension directement à pied.
Mais, comme je vous le disais juste avant, il est également possible d’éviter cette première montée grâce à deux moyens de transport : le funiculaire ou le télésiège biplace.
Et même si vous aimez marcher, je vous conseille vraiment d’en essayer au moins un.
Pas parce que la montée serait particulièrement difficile.
Juste pour l’expérience.
Dans notre cas, nous avions choisi de monter en télésiège et de redescendre en funiculaire. Et je trouve que c’est un très bon compromis.
Le télésiège est complètement ouvert, avec simplement deux places côte à côte et la montagne sous nos pieds. Le trajet dure environ 10 minutes et permet de profiter tranquillement du paysage.
Le funiculaire, lui, offre une expérience totalement différente. Il gravit notamment une pente atteignant plus de 31 degrés sur sa portion la plus raide, ce qui en fait le funiculaire affichant la plus forte pente du Japon selon l’opérateur.
Autant tester les deux.
Et attention : ni le funiculaire ni le télésiège ne vous déposent au sommet.
Il reste encore une bonne partie du Mont Takao à parcourir à pied.

Marcher jusqu’au sommet
À partir de la station supérieure, nous avions poursuivi par le chemin principal.
La randonnée est très agréable et, surtout, elle est ponctuée de suffisamment de choses à voir pour que l’on ne ressente jamais vraiment l’impression de simplement monter pendant des kilomètres.
On alterne entre forêt, points de vue et quelques lieux où l’on a naturellement envie de ralentir.
Il y a notamment le parc des singes et son Jardin des plantes sauvages, où sont présentées différentes espèces végétales que l’on retrouve sur le Mont Takao.
Puis, un peu plus loin, apparaît l’un des lieux les plus importants de la montagne : Yakuo-in.
Le temple Yakuo-in, en pleine montagne
Le Mont Takao n’est pas seulement un lieu de randonnée.
C’est aussi une montagne sacrée depuis des siècles.
Sur le chemin du sommet, le temple Yakuo-in apparaît donc presque naturellement au milieu des arbres.
Escaliers, bâtiments colorés, statues et encens viennent soudain rompre avec la simple promenade en forêt.
C’est typiquement le genre d’endroit qui me plaît au Japon : partir initialement pour une randonnée et se retrouver quelques minutes plus tard au milieu d’un complexe religieux en pleine montagne.
Je ne vais pas trop développer ici l’histoire du temple, mais je trouve qu’il participe énormément au charme de l’ascension.
Le Mont Takao n’est pas simplement un sommet à atteindre.
Il y a quelque chose à découvrir tout au long du chemin.

Et Tokyo apparaît au loin
À plusieurs endroits, la végétation s’ouvre et laisse apparaître Tokyo au loin.
Et le contraste est assez étonnant.
Quelques heures auparavant, on était encore au milieu de la ville.
Puis nous voilà entourés d’arbres, avec l’immense agglomération tokyoïte qui s’étend à l’horizon.
Plus on prend de la hauteur, plus on mesure aussi à quel point Tokyo est gigantesque.
Mais le paysage que l’on espère surtout apercevoir se trouve de l’autre côté.
Voir le Mont Fuji depuis le Mont Takao
Lorsque le ciel est suffisamment dégagé, il est possible d’apercevoir le Mont Fuji depuis le sommet du Mont Takao.
Évidemment, rien n’est garanti.
Comme souvent avec Fuji-san, c’est lui qui décide.
Il suffit d’un peu de brume ou de quelques nuages pour qu’il disparaisse complètement.
Le site touristique de Tokyo conseille d’ailleurs plutôt les premières heures de la journée pour maximiser ses chances de le voir.
Mais lorsque les conditions sont bonnes, sa silhouette apparaît derrière les montagnes.
Et forcément, même après l’avoir déjà aperçu ailleurs au Japon, je ne m’en lasse pas.
Il y a toujours ce petit moment où l’on cherche à l’horizon… avant de le voir pointer le bout de son nez.

Au sommet du Mont Takao
Après la dernière partie de l’ascension, on arrive enfin au sommet, à 599 mètres d’altitude.
Ne vous attendez cependant pas forcément à un sommet perdu au milieu de la nature.
Le Mont Takao est extrêmement populaire.
On y trouve des espaces pour s’asseoir, un centre d’information et de quoi manger. Selon la période et l’heure de la journée, il peut même y avoir beaucoup de monde.
Mais cela n’empêche pas de profiter du paysage, en regardant les reliefs s’étendre devant soi.
Et tout cela sans avoir loué de voiture ni organisé une expédition compliquée.
Au pied du Mont Takao
Le secteur situé autour de Takaosanguchi est agréable et pensé pour répondre aux besoins des visiteurs du Mont Takao.
On y trouve des restaurants, quelques boutiques, le TAKAO 599 MUSEUM, ainsi qu’un onsen directement à proximité de la gare.
On peut ainsi déjeuner dans l’une des petites adresses du secteur, acheter quelques spécialités ou simplement prolonger un peu la journée avant de reprendre le train pour Tokyo.
Et si vos jambes commencent à vous rappeler que vous avez passé plusieurs heures à marcher, terminer par un onsen est probablement loin d’être une mauvaise idée !

Quel sentier choisir au Mont Takao ?
Comme je vous l'expliquais plus tôt, il existe plusieurs itinéraires pour monter et descendre du Mont Takao.
Pour une première visite, le sentier n°1 est le plus simple et le plus classique.
C’est aussi celui qui permet de passer notamment par le parc des singes, le Jardin des plantes sauvages et Yakuo-in avant de rejoindre le sommet.
Mais si vous recherchez davantage une véritable randonnée en pleine nature, d’autres itinéraires existent, notamment :
- le sentier n°6, qui passe notamment près de la cascade Biwa ;
- le sentier d’Inariyama, davantage tourné vers la randonnée ;
- plusieurs petits sentiers permettant de varier le parcours autour de la montagne.
Je trouve d’ailleurs intéressant de ne pas forcément emprunter exactement le même chemin à l’aller et au retour.

Combien de temps prévoir au Mont Takao ?
Je consacrerais une journée entière si vous décidez de faire l'ascension entièrement à pieds.
En empruntant le funiculaire ou le télésiège, une demie-journée peut suffire.
Bien sûr, gardez en tête que ce n'est pas une course, et que si vous voulez profiter du temple Yakuo-in, des différents arrêts et du sommet ; la journée peut se remplit très facilement.
Pour notre part, nous sommes partis tôt le matin, et sommes revenus sur Tokyo en début d'après-midi.
Comment se rendre au Mont Takao depuis Tokyo ?
C’est probablement l’un des principaux avantages du Mont Takao : il est extrêmement facile d’accès depuis Tokyo.
Depuis Shinjuku, prenez la ligne Keio en direction de Takaosanguchi.
Selon le train choisi, le trajet prend environ 50 à 55 minutes.
Une fois arrivé à Takaosanguchi, impossible de vraiment se perdre.
La montagne est juste devant vous.
Quelques minutes à pied permettent de rejoindre le départ des sentiers, le funiculaire et le télésiège.
Vous pouvez donc quitter votre hôtel à Tokyo le matin et vous retrouver en pleine forêt avant même l’heure du déjeuner.
Quelle saison pour monter au Mont Takao ?
Le Mont Takao peut se découvrir une grande partie de l’année, mais son visage change évidemment avec les saisons.
Au printemps, les cerisiers fleurissent généralement un peu plus tard que dans le centre de Tokyo en raison de l’altitude.
L’été offre une végétation particulièrement dense, même si la chaleur et l’humidité peuvent rendre l’ascension moins agréable.
Et l’automne est probablement l’une des périodes les plus recherchées, lorsque les arbres prennent leurs couleurs rouges et orangées. Le site officiel de Tokyo situe généralement la période des feuillages entre le début et la fin du mois de novembre.
Avec forcément un revers : beaucoup de monde.
Si vous cherchez avant tout le calme, mieux vaut donc éviter les week-ends en pleine période des momiji.
Une journée loin de Tokyo… tout en restant à Tokyo
C’est probablement ce que j’aime le plus avec le Mont Takao.
On a l’impression d’être parti beaucoup plus loin qu’on ne l’est réellement.
Le matin, on peut encore être au milieu de Shinjuku.
Puis moins d’une heure plus tard, monter tranquillement au-dessus des arbres dans un télésiège, marcher en forêt, traverser un temple et chercher le Mont Fuji à l’horizon.
Le Mont Takao n’est certainement pas la randonnée la plus spectaculaire que l’on puisse faire au Japon.
Mais ce n’est pas forcément ce qu’on lui demande.
C’est une parenthèse.
Une journée où l’on quitte un peu le bruit, les gares et les immeubles pour retrouver la montagne.
Et moi qui ai grandi entourée de reliefs, forcément…
ça me fait toujours du bien.