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Hosen-in, Ohara
Temple Testé et recommandé

Hosen-in

À quelques pas du Sanzen-in, un temple plus discret où l’on vient surtout s’asseoir face à un jardin transformé en tableau, un bol de matcha entre les mains.

Le Hosen-in est l’un de ces temples que l’on pourrait facilement manquer en venant à Ohara. Plus petit et certainement moins impressionnant que le Sanzen-in, il mérite pourtant largement que l’on pousse sa porte.

À l’origine, le Hosen-in était l’un des temples secondaires du Shorin-in voisin. Il aurait été établi vers la fin de l’époque Heian et conserve aujourd’hui une atmosphère beaucoup plus intimiste que le grand temple emblématique d’Ohara.

Et surtout, on y vient pour une chose : prendre le temps de ne rien faire.

Un jardin comme un tableau

Le Hosen-in est principalement connu pour son jardin encadré, le Bankan-en.

Installé dans la grande salle, face au jardin, il suffit de regarder devant soi pour comprendre son nom : les piliers, les poutres et la structure en bois du bâtiment viennent naturellement encadrer le paysage. Les érables, la végétation, la bambouseraie et les montagnes d’Ohara en arrière-plan semblent alors former un immense tableau vivant.

C’est une réelle invitation à prendre son temps.

Le billet d’entrée comprend un bol de matcha accompagné d’une petite friandise japonaise, que l’on peut déguster tranquillement assis sur les tatamis, face au jardin. Pas besoin de chercher à « faire » quoi que ce soit : on pose son bol devant soi, on regarde dehors et on profite simplement du calme.

Un de ces petits moments que j’aime particulièrement au Japon.

Dégustation de thé devant le pin du Hosen-in
Dégustation de thé devant le pin de 700 ans

Un pin vieux de plus de 700 ans

Difficile également de ne pas remarquer l’immense pin à cinq aiguilles, ou goyomatsu, qui occupe une partie du jardin.

Âgé de plus de 700 ans, il aurait été taillé de façon à rappeler la silhouette du mont Mikami, dans la préfecture de Shiga, surnommé « Omi Fuji » pour sa ressemblance avec le mont Fuji. Ses branches s’étendent aujourd’hui sur plusieurs mètres et certaines doivent être maintenues par d’imposants supports en bois.

Cela ne lui enlève rien de sa majesté.

Au contraire, assis face au jardin avec son matcha entre les mains, on se surprend facilement à passer de longues minutes à l’observer.

Pin du Hosen-in
Pin du Hosen-in vieux de 700 ans

Le surprenant « plafond de sang »

Mais derrière toute cette sérénité se cache une histoire beaucoup plus sombre.

Il suffit de lever les yeux dans le couloir du temple pour découvrir ce que l’on appelle le chitenjo, ou « plafond de sang ».

Les planches qui le composent proviennent à l’origine du sol du château de Fushimi. En 1600, peu avant la bataille de Sekigahara, le château fut assiégé. Torii Mototada et plusieurs centaines de défenseurs combattirent avant de trouver la mort ou de se donner la mort lorsque la défaite devint inévitable.

Les planches du sol, marquées par leur sang, furent par la suite récupérées et utilisées au plafond de plusieurs temples afin d’honorer leur mémoire. Celles du Hosen-in en font partie.

Le contraste est assez saisissant.

Quelques secondes auparavant, on contemplait tranquillement un jardin en buvant du thé. Puis on lève simplement la tête et l’histoire du lieu prend soudain une tout autre dimension.

D’autres jardins à découvrir

Le fameux jardin encadré attire forcément toute l’attention, mais le Hosen-in possède en réalité plusieurs jardins.

On peut notamment apercevoir le Tsuru-Kame, aménagé autour des symboles de la grue et de la tortue, ou encore le Horakuen, un jardin sec beaucoup plus récent créé en 2005 à l’aide de rochers, de végétation et de sable blanc.

Ils restent pour moi secondaires par rapport au Bankan-en, mais rendent la visite un peu plus complète qu’on ne pourrait l’imaginer en arrivant.

jardins du Hosen-in
L'un des jardins du Hosen-in

Quelle saison pour découvrir le Hosen-in ?

Comme beaucoup de temples d’Ohara, le Hosen-in change complètement de visage au fil des saisons.

Le printemps et le début de l’été offrent une végétation particulièrement verte, tandis que l’automne est l’une des périodes les plus recherchées : les érables qui composent le fameux « tableau » prennent alors des teintes rouges et orangées.

En hiver, lorsque la neige s’invite à Ohara, le jardin devient encore plus silencieux et dépouillé. Le temple met d’ailleurs en avant cette succession d’ambiances au fil de l’année.

À choisir, j’aimerais beaucoup y retourner sous les couleurs de l’automne… ou complètement recouvert de neige.

Infos pratiques

Tarif : 900 yens pour un adulte, 800 yens pour les collégiens et lycéens et 700 yens pour les enfants. Bonne nouvelle : contrairement au Sanzen-in, le matcha et la friandise sont compris dans le prix d’entrée.

Horaires : de 9h à 17h, avec une dernière admission à 16h30. Le temple indique ne pas imposer de durée maximale à la visite.

Combien de temps prévoir ? Environ 30 à 45 minutes suffisent pour découvrir le temple, mais je prévoirais plutôt une heure si vous souhaitez vraiment profiter du matcha et rester tranquillement assis face au jardin. Ici, ce serait dommage de regarder sa montre.

Mon conseil : combinez évidemment la visite avec celle du Sanzen-in, situé à proximité. Et surtout, ne repartez pas immédiatement après avoir terminé votre thé. Le véritable intérêt du Hosen-in réside justement dans ces quelques minutes passées à ne rien faire devant le jardin.

Comment s’y rendre ? Le Hosen-in se trouve à Ohara, à environ 15 minutes à pied de l’arrêt de bus Ohara. Depuis la gare de Kyoto, les bus Kyoto n°17 et 18 rejoignent Ohara en environ 1h05 selon les conditions de circulation. Une autre possibilité consiste à prendre le métro jusqu’à Kokusaikaikan, puis le bus n°19 jusqu’à Ohara.