Ikitai
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Sanzen-in, Ohara
Temple Testé et recommandé

Sanzen-in

Fondé en 804 : jardin de mousse, statues de jizo et matcha de cérémonie face au jardin.

Quand on parle d'Ohara, un nom revient toujours : le Sanzen-in. C'est le temple emblématique du village, le plus visité, celui autour duquel tout semble s'organiser. La petite rue en pente qui y grimpe, bordée d'échoppes, ne mène qu'à lui. Mais le réduire à sa réputation serait passer à côté de l'essentiel : derrière ses portes se cachent quelques-uns des plus beaux jardins de mousse qu'il m'ait été donné de voir.

Un temple caché dans la montagne

Bien avant d'être ce havre de verdure, Ohara était déjà, il y a plus de mille ans, une terre de spiritualité : un berceau du shomyo, ces chants bouddhiques psalmodiés, et un refuge pour les moines en quête de recueillement. C'est là qu'est né le Sanzen-in.

On en attribue la fondation à Saicho (767-822), le moine qui introduisit l'école Tendai au Japon et bâtit le grand Enryaku-ji, sur le mont Hiei voisin. À l'origine simple ermitage, le temple deviendra l'un des cinq monzeki de l'école Tendai ; ces rares temples dont les abbés étaient choisis au sein de la famille impériale. Il ne prendra toutefois le nom de Sanzen-in qu'en 1871. Autant de siècles d'histoire que l'on ne devine pas forcément en poussant la porte, mais qui nimbent le lieu d'une aura singulière.

jardin Shuheki-en du Sanzen-in
Vue depuis le Kyakuden , sur le jardin Shuheki-en

Un thé, vue sur le jardin

La visite débute à l'intérieur, dans le Kyakuden, le hall des invités, aux cloisons ornées de calligraphies et de peintures. Et là, première merveille : le jardin Shuheki-en s'offre à la vue, encadré par les piliers de bois comme un tableau vivant. Un étang, une colline, des érables, une lanterne de pierre… Ce jardin-là, on ne le foule pas : il est fait pour être contemplé, assis, depuis les tatamis.

Et c'est précisément ce que je te conseille de faire. Moyennant un petit supplément (autour de 500 yens, en plus du billet d'entrée), on vous sert un matcha de cérémonie accompagné d'une friandise, à déguster face au jardin. Rien d'autre à faire que de tenir son bol entre ses mains et de laisser filer les minutes. Un instant suspendu, d'une beauté qui ne peut laisser indifférent.

Thé matcha de cérémonie au Sanzen-in, vue sur le jardin Kyakuden
Thé matcha de cérémonie au Sanzen-in

Balade dans la mousse

Passé le Kyakuden, on rejoint le second jardin, le Yusei-en ; et cette fois, on y entre. Ici, plus de contemplation immobile : on chemine à travers une véritable mer de mousse d'un vert irréel, percée de grands cèdres, au fil de sentiers où l'on se laisse porter sans trop savoir où l'on va.

C'est en flânant que l'on croise les warabe jizo, ces petites statues de pierre blotties dans la mousse, si attendrissantes qu'on finit par les chercher du regard, comme un jeu de piste. Jizo, le protecteur des enfants et des âmes, veille ici avec une douceur désarmante.

Au cœur de ce jardin se dresse l'Ojo Gokuraku-in, le pavillon qui abrite le trésor du temple : un Bouddha Amida entouré de deux serviteurs agenouillés, légèrement penchés en avant, comme sur le point d'accueillir les âmes. Cet ensemble, qui remonte à l'époque de Heian, est classé Trésor national. On l'observe en silence, presque intimidé.

Jizo caché au Sanzen-in
Statut Jizo

Quelle saison pour le découvrir ?

Nous y étions au printemps, et ce vert éclatant restera l'un de mes plus beaux souvenirs du Japon. Mais le Sanzen-in est surtout célèbre pour son embrasement d'automne : ses innombrables érables virent alors au rouge et à l'or, autour de la mi-novembre en général, soit un peu avant le centre de Kyoto. C'est aussi la période la plus fréquentée. L'hiver, la mousse se pare parfois d'un léger manteau de neige, plus rare et plus silencieux encore. Bref, il n'y a pas de mauvaise saison ; juste des atmosphères différentes.

Infos pratiques

Tarif : 700 yens l'entrée pour les adultes (400 yens pour les collégiens et lycéens, 150 yens pour les écoliers). Ce billet donne accès à l'ensemble du site : les pavillons, les deux jardins et le fameux Trésor national. Le matcha, lui, n'est pas compris : comptez un supplément d'environ 500 yens, friandise incluse, à savourer depuis le Kyakuden. Le temple propose aussi, pour les curieux, une séance de shakyo (copie de sutras).

Horaires : de 8h30 à 17h de mars au 7 décembre, puis de 9h à 16h30 jusqu'à fin février. Ouvert toute l'année.

Combien de temps prévoir ? Une bonne heure au minimum. Ce n'est pas un lieu que l'on visite au pas de course.

Mon conseil : arrivez tôt le matin, avant les groupes. Le calme y est total et la lumière sur la mousse, magnifique. Et prenez le temps de flâner dans la rue en pente qui mène au temple : ses échoppes regorgent des spécialités d'Ohara, tsukemono et thé au shiso en tête.

Comment s'y rendre ? Depuis la gare de Kyoto, le bus Kyoto n° 17 direction Ohara (terminus) vous y conduit en 1 h à 1 h 20 selon le trafic, puis une dizaine de minutes de marche depuis l'arrêt. Autre option, souvent plus rapide : le métro (ligne Karasuma) jusqu'à Kokusaikaikan, puis le bus n° 19. Comptez environ 1 260 yens l'aller-retour en bus.