Ikitai
← Préfecture de Kyoto (Kansai)

Amanohashidate · Kansai

Amanohashidate

Une immense bande de sable bordée de milliers de pins, la mer de part et d’autre et, depuis les hauteurs, l’une des vues les plus célèbres du Japon. Amanohashidate fait partie de ces paysages qui rappellent à quel point le pays peut parfois être très différent de l’image que l’on s’en fait.

Amanohashidate — Une immense bande de sable bordée de milliers de pins, la mer de part et d’autre et, depuis les hauteurs, l’une des vues les plus célèbres du Japon. Amanohashidate fait partie de ces paysages qui rappellent à quel point le pays peut parfois être très différent de l’image que l’on s’en fait.

On oublie parfois que le Japon, ce ne sont pas seulement des temples, des torii, des grandes villes surpeuplées ou des rizières.

Le Japon, c’est aussi la mer.

Et avec ses milliers de kilomètres de côtes, le pays réserve parfois de très belles surprises.

Alors certes, on est loin des plages paradisiaques de Polynésie française ou d’une île tropicale. Mais certains paysages côtiers japonais n’en sont pas moins magnifiques.

Amanohashidate en est probablement l’un des meilleurs exemples.

Située au nord de la préfecture de Kyoto, dans la baie de Miyazu, cette étonnante bande de sable s’étend sur environ 3,6 kilomètres, avec la mer de chaque côté et plusieurs milliers de pins qui la recouvrent.

Et surtout, c’est un Japon que l’on n’imagine pas forcément avant de venir.

Une plage au milieu des pins

Lorsque l’on arrive à Amanohashidate, on peut commencer par traverser cette longue bande de sable à pied.

Le chemin serpente au milieu des pins, tandis que plusieurs accès permettent de rejoindre directement la plage.

Et c’est probablement ce qui m’a le plus surprise.

Du sable.

Une eau calme.

Des pins presque jusque sur la plage.

Et, lors de notre passage, par endroits quasiment personne.

Nous avions décidé dès le départ que cette journée ne serait pas une course.

Nous passions une journée complète à Amanohashidate, avec une nuit sur place, et avions choisi un hébergement situé quasiment au bord de la mer. Plutôt que d’essayer de voir absolument tout ce qui figurait sur une carte, nous avions surtout envie de profiter du cadre.

Nous avons donc passé plusieurs heures sur la plage.

À marcher un peu.

Puis à nous poser.

À profiter du soleil.

À regarder la mer.

Et finalement à attendre tranquillement que la journée décline pour profiter du coucher de soleil.

Ça paraît tout simple, mais lors d’un voyage au Japon où les journées peuvent rapidement devenir une succession de trains, de visites et de kilomètres parcourus, ce genre de moment fait énormément de bien.

Et Amanohashidate s’y prête particulièrement.

Il est d’ailleurs possible de traverser les 3,6 kilomètres à pied, mais aussi à vélo ou de longer Amanohashidate en bateau.

Personnellement, je ne regrette absolument pas d’avoir choisi la marche.

Ici, le trajet fait justement partie de la visite.

Plage de Amanohashidate
Plage de Amanohashidate

Traverser Amanohashidate jusqu’à Kasamatsu Park

Après avoir parcouru Amanohashidate en bord de plage, on arrive du côté nord, dans le secteur de Fuchu.

C’est ici que se trouve Kasamatsu Park, installé à flanc de montagne et offrant l’une des deux grandes vues panoramiques sur Amanohashidate.

Pour monter, deux possibilités : le cable car ou le chairlift monoplace.

Évidemment, nous avons choisi le chairlift.

Je ne vais pas mentir : au premier regard, il a un petit côté vieillot et pas forcément très rassurant.

Mais le trajet est court et fait finalement partie de l’expérience.

Et surtout, s’il y a bien un trajet pour lequel je vous conseille le chairlift, c’est la descente.

Parce que cette fois, on est installé face à Amanohashidate.

Et là…

on en prend plein les yeux.

Pendant quelques minutes, toute la baie se déploie devant nous, avec Amanohashidate au milieu et les montagnes tout autour.

Rien que pour cette descente, je reprendrais le chairlift sans hésiter.

Descente du Kasamatsu Park en chairlift
Descente du Kasamatsu Park en chairlift

L’une des trois plus belles vues du Japon

Une fois arrivé à Kasamatsu Park, on comprend rapidement pourquoi Amanohashidate est aussi célèbre.

Avec Miyajima, dans la préfecture d’Hiroshima, et Matsushima, dans celle de Miyagi, Amanohashidate fait partie des Nihon Sankei, les « Trois Vues du Japon ».

Depuis les hauteurs, la bande de pins traverse la baie sous nos yeux.

La mer.

Les montagnes.

Les petites habitations en contrebas.

Et Amanohashidate qui semble presque parfaitement dessiné au milieu de l’eau.

Pendant quelques instants, on pourrait presque oublier que l’on est encore au Japon.

Du moins, dans le Japon que l’on s’imagine souvent.

Pas de gratte-ciel.

Pas de rue remplie d’enseignes lumineuses.

Pas de temple monumental au premier plan.

Simplement la mer et les montagnes.

Et j’ai adoré ça.

Regarder Amanohashidate entre ses jambes

Kasamatsu Park est également connu pour une tradition un peu particulière : le matanozoki.

Le principe ?

Tourner le dos au paysage, se pencher en avant et regarder Amanohashidate… entre ses jambes.

Oui.

Vraiment.

Cette position inverse la perspective entre le ciel et la mer et donne l’impression qu’Amanohashidate forme un pont montant vers le ciel.

Kasamatsu Park est d’ailleurs considéré comme le lieu d’origine du matanozoki.

Forcément, nous avons essayé.

Ce n’est probablement pas la position la plus élégante que vous adopterez durant votre voyage au Japon.

Mais quitte à être là…

autant jouer le jeu.

Matanozoki
Matanozoki

Kasamatsu Park ou Amanohashidate View Land ?

Il existe en réalité deux principaux points de vue permettant d’admirer Amanohashidate depuis les hauteurs.

Au nord, Kasamatsu Park, où nous sommes montés.

Et au sud, près de la gare, Amanohashidate View Land, installé sur le mont Monju. Depuis ce dernier, la forme d’Amanohashidate est surnommée Hiryukan, la « vue du dragon volant ».

Il est tout à fait possible de découvrir les deux.

L’office de tourisme propose même un billet permettant de combiner les deux observatoires.

Mais nous avons volontairement choisi de n’en faire qu’un.

Nous n’étions pourtant pas simplement de passage quelques heures : nous avions une journée complète et une nuit sur place.

Mais justement.

Nous voulions profiter.

Prendre notre temps pour traverser Amanohashidate, rester plusieurs heures sur la plage, rentrer tranquillement à notre hébergement au bord de la mer et profiter du coucher de soleil plutôt que d’essayer d’enchaîner les deux points de vue.

Nous avons donc fait l’impasse sur View Land.

Et je ne le regrette pas.

La vue depuis Kasamatsu Park est magnifique, et la descente en chairlift face à Amanohashidate reste l’un de mes meilleurs souvenirs de cette journée.

Je ne peux évidemment pas vous dire que Kasamatsu Park est « meilleur » que View Land puisque je n’ai pas encore testé ce dernier.

Mais si, comme nous, vous souhaitez ralentir et n’en choisir qu’un, je peux sans problème vous recommander Kasamatsu Park.

Et si j’ai l’occasion de revenir à Amanohashidate un jour, alors ce sera justement l’occasion de découvrir View Land également.

Profiter d’Amanohashidate jusqu’au coucher du soleil

C’est probablement aussi pour cela que je conseillerais, si votre itinéraire le permet, de passer une nuit à Amanohashidate.

Une visite à la journée depuis Kyoto est tout à fait possible.

Mais dormir sur place change forcément le rythme.

Une fois les visites terminées, nous n’avions aucun train à attraper.

Aucun horaire à surveiller.

Nous pouvions simplement retourner au bord de l’eau et attendre.

Et je crois que c’est finalement l’un des moments que j’ai préférés.

Passer plusieurs heures sur la plage puis regarder progressivement le soleil descendre sur la baie, sans avoir autre chose à faire que profiter du paysage.

Ce n’est pas forcément quelque chose que l’on considère comme une « visite ».

Mais c’est exactement le genre de souvenir qui reste en tête après un voyage.

Coucher de soleil sur la plage d'Amanohashidate
Coucher de soleil sur la plage d'Amanohashidate

Côté restauration

Avec la mer tout autour, difficile de s’étonner que la cuisine locale fasse la part belle aux poissons et fruits de mer.

La région de Miyazu et du Tango propose notamment différentes spécialités à base de produits de la mer, comme le chikuwa, une pâte de poisson grillée, le maquereau heshiko fermenté dans du son de riz ou encore différents bols de poissons et fruits de mer.

Autour d’Amanohashidate, on trouve aussi une spécialité beaucoup plus sucrée : le Chie no Mochi.

Ce petit mochi recouvert de pâte de haricots rouges est vendu depuis des siècles dans les maisons de thé situées près du temple Chionji.

Et selon la tradition locale, en manger permettrait d’acquérir… un peu plus de sagesse.

Je ne garantis pas le résultat.

Mais ça reste une bonne excuse pour goûter.

Combien de temps prévoir à Amanohashidate ?

Il est techniquement possible de découvrir Amanohashidate en une demi-journée.

L’office de tourisme propose d’ailleurs plusieurs parcours permettant de combiner promenade, bateau et Kasamatsu Park en seulement quelques heures.

Mais personnellement, ce n’est pas ce que je conseillerais si votre itinéraire vous permet de faire autrement.

Pour nous, une journée complète avec une nuit sur place était parfaite.

Cela nous a permis de traverser Amanohashidate tranquillement, de monter à Kasamatsu Park, de profiter réellement de la plage et surtout de ne jamais avoir l’impression de devoir regarder l’heure.

Et finalement, je trouve que c’est exactement ainsi qu’Amanohashidate se savoure le mieux.

Ce n’est pas une destination où il faut nécessairement multiplier les visites.

C’est surtout un endroit où il fait bon être.

Un autre visage du Japon

Je crois que c’est surtout pour cela que j’ai autant aimé Amanohashidate.

Pour cette impression d’être ailleurs.

Marcher sous les pins avec la mer à quelques mètres.

S’arrêter sur une plage presque vide.

Prendre de la hauteur pour découvrir toute la baie.

Puis revenir au bord de l’eau et attendre tranquillement le coucher du soleil.

Amanohashidate ne ressemble pas forcément au Japon dont on rêve lorsque l’on pense pour la première fois au pays.

Et c’est justement ce qui fait tout son intérêt.

Parce qu’après plusieurs voyages, ce sont aussi ces paysages-là que j’aime découvrir : ceux qui me rappellent qu’il reste encore énormément de facettes du Japon derrière celle que l’on connaît déjà.

Et après avoir découvert l’une des Trois Vues du Japon ici, puis une autre à Miyajima

il ne me reste plus qu’à aller voir Matsushima.

Amanohashidate
Amanohashidate

Comment se rendre à Amanohashidate ?

La gare la plus pratique est tout simplement Amanohashidate Station, desservie par la Kyoto Tango Railway.

Depuis Kyoto, comptez environ deux heures en train express, selon la liaison choisie. Il existe également des bus depuis Kyoto, pour un trajet d’environ 2h20.

Une fois sorti de la gare, Amanohashidate se trouve à seulement quelques minutes à pied.

Si vous souhaitez reproduire un parcours similaire au nôtre, il suffit ensuite de traverser Amanohashidate vers le nord pour rejoindre le secteur de Fuchu puis Kasamatsu Park.

Tout peut donc parfaitement se faire sans voiture.

Amanohashidate sur la carte

Testé Recommandé

Newsletter

Que le prochain chapitre commence par une lettre.

Une fois par mois, une adresse rare glanée quelque part au Japon — directement dans votre boîte.