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Miyajima · Chugoku

Miyajima

Un torii qui semble flotter sur l’eau, une montagne sacrée dominant la mer intérieure de Seto et des petites rues où l’on prend plaisir à se perdre : dix ans après ma première visite, Miyajima reste l’un des endroits qui m’ont le plus marquée au Japon.

Miyajima — Un torii qui semble flotter sur l’eau, une montagne sacrée dominant la mer intérieure de Seto et des petites rues où l’on prend plaisir à se perdre : dix ans après ma première visite, Miyajima reste l’un des endroits qui m’ont le plus marquée au Japon.

La première fois que je me suis rendue à Miyajima, c’était en 2016.

En plein été.

Je me souviens encore de la chaleur et surtout de cette humidité japonaise qui donne l’impression de marcher dans une serre dès que l’on met un pied dehors. Pourtant, quelques minutes après être descendue du ferry, j’avais déjà presque oublié la température.

Devant moi se trouvait l’un de ces paysages que j’avais vu des dizaines de fois en photo avant mon voyage.

Le grand torii rouge de Miyajima.

Et, pour une fois, la réalité n’avait rien à envier aux images.

Miyajima sous la pluie
Miyajima sous la pluie

Le torii flottant de Miyajima

Depuis le port, il suffit de marcher une dizaine de minutes pour rejoindre le sanctuaire Itsukushima, probablement le lieu le plus emblématique de l’île.

Face à lui se dresse son immense O-torii vermillon, haut d’environ 16 mètres. Celui que l’on voit aujourd’hui date de 1875 et constitue la neuvième reconstruction connue de la porte.

Mais ce qui rend le lieu vraiment particulier, c’est la marée.

À marée haute, l’eau vient entourer le sanctuaire et le torii, qui semble alors posé directement sur la mer.

À marée basse, le paysage change complètement : l’eau se retire et il devient possible de marcher jusqu’au pied du torii.

Deux ambiances totalement différentes.

Si vous en avez la possibilité, je vous conseille donc vraiment de vérifier les horaires des marées avant votre visite et, idéalement, de rester suffisamment longtemps sur l’île pour voir les deux.

Lors de mon premier voyage, Miyajima était déjà un lieu très touristique, mais j’en garde le souvenir d’une île beaucoup plus paisible qu’aujourd’hui.

Dix ans plus tard, le décor est évidemment toujours là.

Mais nous sommes désormais beaucoup plus nombreux à vouloir en profiter.

Depuis octobre 2023, une taxe touristique de 100 yens est d’ailleurs demandée à chaque personne se rendant sur Miyajima par bateau. Elle est généralement directement ajoutée au prix du ferry. La ville de Hatsukaichi explique que cette contribution sert notamment à financer l’accueil des visiteurs, l’entretien des sentiers du mont Misen et la préservation du patrimoine et de l’environnement de l’île.

Sanctuaire Itsukushima
Sanctuaire Itsukushima

Grimper au mont Misen

Lors de cette première visite, nous avions également décidé de monter au mont Misen, le point culminant de Miyajima à 535 mètres d’altitude.

Et si le torii est l’image que tout le monde associe à Miyajima, cette partie de l’île mérite vraiment que l’on s’y attarde.

Le mont Misen est considéré comme un lieu sacré depuis des siècles. Selon la tradition, le moine Kukai ,Kobo Daishi, y aurait pratiqué l’ascèse au début du IXe siècle.

Trois principaux sentiers permettent aujourd’hui de rejoindre les hauteurs : Momijidani, Daishoin et Omoto.

Le parcours de Momijidani traverse principalement la forêt et demande environ 1 h 30 de montée. Le sentier d’Omoto est plus long, autour de deux heures, tandis que le parcours de Daishoin offre une autre approche de la montagne avec de nombreux escaliers et plusieurs points de vue.

Il est également possible d’emprunter le téléphérique de Miyajima, qui rejoint Shishiiwa. Attention cependant : contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, il ne dépose pas directement au sommet. Il reste encore environ 30 minutes de marche pour atteindre le sommet du Misen.

À l’époque, nous avions choisi de combiner les deux : une partie en téléphérique et une partie à pied.

Et la récompense en haut valait largement l’effort.

Depuis les hauteurs, le regard porte sur la mer intérieure de Seto et les nombreuses îles qui semblent émerger de l’eau autour de Miyajima.

C’est probablement l’un de mes plus beaux souvenirs de ce premier voyage.

Mer intérieure de Seto depuis le Mont Misen
Mer intérieure de Seto depuis le Mont Misen

Une flamme qui brûle depuis plus de 1 200 ans

Sur le chemin du sommet se trouve également le Reikado, l’un des lieux les plus étonnants du mont Misen.

À l’intérieur brûle le Kiezu-no-hi, littéralement la « flamme qui ne s’éteint pas ».

Selon la tradition, ce feu aurait été allumé par Kobo Daishi lorsqu’il pratiquait sur la montagne, il y a plus de 1 200 ans, et serait entretenu sans interruption depuis.

Cette même flamme aurait d’ailleurs servi, bien plus tard, à allumer celle du Parc du Mémorial de la Paix à Hiroshima.

Le mont Misen n’est donc pas uniquement une randonnée avec une jolie vue : tout le parcours est ponctué de temples, de rochers et de lieux associés à l’histoire spirituelle de l’île.

O-torii vermillon lors de la marée haute
O-torii lors de la marée haute

Dix ans plus tard, sous une pluie torrentielle

Puis je suis revenue.

Dix ans après mon premier voyage, cette fois avec Jordan.

Et Miyajima avait décidé de nous montrer un tout autre visage.

Nous étions au printemps et, ce jour-là, la pluie ne nous a quasiment pas quittés.

Pas la petite pluie fine qui permet quand même de poursuivre tranquillement son programme.

La vraie pluie.

Celle qui transforme assez rapidement toute idée de randonnée en mauvaise idée.

Il était donc hors de question de remonter au mont Misen.

Sur le moment, forcément, j’étais un peu déçue. J’aurais aimé montrer à Jordan les paysages dont je gardais un si beau souvenir.

Finalement, je crois que cette météo nous a permis de découvrir Miyajima autrement.

Le torii disparaissait presque par moments derrière les rideaux de pluie, les montagnes étaient enveloppées de brume et toute l’île avait pris une atmosphère beaucoup plus mystique.

Ce n’était absolument pas le Miyajima que j’avais connu dix ans auparavant.

Mais c’était magnifique quand même.

Ruelle de Miyajima
Miyajima

Prendre enfin le temps de découvrir les rues de Miyajima

Et surtout, puisque nous ne pouvions pas grimper au mont Misen, nous avons fait quelque chose que je n’avais finalement pas tellement pris le temps de faire lors de mon premier séjour :

nous promener.

Car Miyajima ne se résume vraiment pas à son torii.

Autour du sanctuaire, plusieurs petites rues regroupent restaurants, échoppes traditionnelles, boutiques de souvenirs et spécialités locales.

La plus connue est Omotesando, la grande rue commerçante de l’île.

Évidemment, elle est très touristique.

Mais cela ne m’empêche pas de l’apprécier.

On y trouve notamment les fameux momiji manju, ces petits gâteaux en forme de feuille d’érable traditionnellement fourrés à la pâte de haricots rouges, mais aujourd’hui proposés dans une quantité impressionnante de parfums.

Et puis Miyajima est également connue pour ses huîtres, spécialité de la région d’Hiroshima.

Entre deux averses, nous avons donc pris le temps de manger, entrer dans les boutiques, regarder les petites rues autour de nous…

Et forcément, j’ai également trouvé une boutique Donguri Republic, consacrée à l’univers du Studio Ghibli.

La pluie devenait progressivement un détail.

Des momiji manju
Des momiji manju

Miyajima mérite plus que quelques heures

C’est probablement ce que cette deuxième visite m’a fait comprendre.

Lors de mon premier voyage, j’étais surtout venue pour voir le torii et monter au mont Misen.

Et c’était déjà une très belle journée.

Mais dix ans plus tard, en étant contrainte de ralentir, j’ai découvert une autre facette de l’île.

Miyajima mérite que l’on prenne son temps.

Voir le torii à différentes marées.

Entrer dans le sanctuaire Itsukushima.

Marcher dans les petites rues.

Goûter un momiji manju encore chaud.

Monter au mont Misen lorsque la météo le permet.

Et simplement observer l’île changer au fil de la journée.

Si votre itinéraire le permet, je pense même qu’y passer une nuit peut être une excellente idée. Une fois les derniers ferries remplis d’excursionnistes repartis vers Hiroshima, Miyajima retrouve forcément une atmosphère très différente.

C’est d’ailleurs quelque chose que j’aimerais faire lors d’un prochain voyage.

Pagode Goju-no-to
Pagode Goju-no-to

Combien de temps prévoir à Miyajima ?

Si vous souhaitez uniquement découvrir le sanctuaire Itsukushima, le torii et les rues principales, une demi-journée peut suffire.

Mais je trouve cela assez dommage.

Pour profiter réellement de Miyajima, je conseillerais plutôt de prévoir une journée entière, surtout si vous souhaitez monter au mont Misen.

La randonnée prend plusieurs heures aller-retour selon le sentier choisi et votre rythme. Même avec le téléphérique, il faut prévoir du temps pour rejoindre la station, monter, marcher jusqu’au sommet et redescendre.

Et surtout : ne sous-estimez pas le mont Misen.

Les sentiers partent pratiquement du niveau de la mer et certaines portions sont raides. L’association touristique recommande des chaussures adaptées, suffisamment d’eau, particulièrement en été, et déconseille de commencer une randonnée tard dans l’après-midi. Les chemins peuvent également devenir très glissants après la pluie.

Comment se rendre à Miyajima ?

Depuis Hiroshima, le plus simple est de rejoindre la gare de Miyajimaguchi avec la ligne JR Sanyo.

De là, quelques minutes de marche suffisent pour rejoindre le terminal des ferries.

Deux compagnies principales assurent ensuite la traversée : JR West Miyajima Ferry et Miyajima Matsudai Kisen.

La traversée dure environ 10 minutes et les bateaux circulent généralement toutes les quinze minutes environ. Le tarif actuel est de 200 yens par trajet pour un adulte, auquel viennent s’ajouter les 100 yens de taxe de visite lors du trajet vers Miyajima.

Une fois arrivé sur l’île, tout le centre touristique se découvre facilement à pied. Comptez environ 12 minutes entre le terminal et le sanctuaire Itsukushima, et une vingtaine de minutes pour rejoindre le parc Momijidani ou le départ vers le téléphérique.

Et la prochaine fois ?

J’ai donc connu Miyajima sous la chaleur écrasante d’un été japonais.

Puis sous une pluie printanière presque torrentielle.

Deux visites.

Deux ambiances totalement différentes.

Et deux très beaux souvenirs.

Il ne me reste maintenant plus qu’à revenir lorsque les érables du parc Momijidani et du mont Misen se couvriront de rouge et d’orange.

Prochaine étape : Miyajima en pleine saison des momiji.

Miyajima sur la carte

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